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28.04.2008
NBA : bilan de la saison régulière 2007-2008

Il est vrai que la NBA est un des championnats où se manifeste avec la plus grande exubérance le spectâcle tant décrié par Guy Debord et d’autres ; mais, n’en déplaise à toute cette tripotée des penseurs pétris d’une bonne conscience ascétique, cette saison fut plus spectaculaire encore que les précédentes, et ça n’ira sans doute pas en s’arrangeant.
La NBA entre tradition et renouveau
Depuis 2005, la plupart des franchises paraissaient piétiner, peinant à trouver l’équilibre dans leur effectif ; chaque période de transferts apportait son lot de suprises, mais sans ce grand bouleversement qui aurait pu remettre en cause la domination de San Antonio à l’Ouest et de Detroit à l’Est, deux équipes déjà vieillissantes, pourtant seuls prétendants durables au titre NBA depuis 2002 et la chute des Los Angeles Lakers. Certains clubs, à l’image de Phoenix, éternel déçu, se procuraient une véritable armée de shooteurs lointains, sans renforcer véritablement leur jeu intérieur ; d’autres s’embourbaient dans un salary cap disproportionné, confiants dans les qualités individuelles reconnues de leurs joueurs (c’est le cas devenu risible des New York Knicks, dirigés d’une main d’argile par Isiah Thomas) ; certains joueurs prestigieux, avides de titre, quittaient un club apparemment sans avenir pour tenter de conquérir un titre sous d’autres cieux (c’est ainsi qu’Iverson quitta Philadelphie pour Denver), tandis que d’autres se regroupaient en une équipe du Miami Heat victorieuse en 2006, mais dont le collectif fragile eut vite fait de refroidir les ardeurs de Gary Payton, Shaquille O’Neal et compagnie ; et pour couronner le tout, on ne retrouvait plus en haut du tableau les franchises historiques aux nombreux hall of famers, telles que les pâles Lakers ou les Celtics inexistants. Dans ce contexte plutôt bordélique, il faut bien le dire, les équipes au travail rigoureux, peu soucieux de la réputation individuelle de leurs joueurs, faisaient tranquillement leur beurre ; et la formidable explosion de talent issue de la Draft 2003 (LeBron James, Carmelo Anthony, Dwyane Wade, Chris Bosh…) semblait ne jamais devoir atteindre durablement les sommets.
Qu’on se le dise : cette période moins faste qu’à l’accoutumée, où l’ennui menaçait de poindre à l’horizon, est révolue, et ce grâce à une génération de joueurs à l’apogée de leur jeu : les Kevin Garnett, Ray Allen, Pau Gasol, gagnés par la volonté de partager le sort d’une équipe véritablement dominante, semblent enfin avoir trouvé la place qui leur convenait. Pour les premiers, ce fut à l’intersaison que le vent tourna, les amenant du côté d’une équipe de Boston moribonde, méconnaissable ; le MVP espagnol des derniers championnats du monde, en revanche, s’est décidé tardivement à passer la seconde moitié de la saison parmi les Lakers plutôt qu’à Memphis. Ces trois transferts majeurs ont considérablement modifié le paysage du championnat en ramenant sur le devant de la scène les deux franchises les plus titrées de la NBA : et l’on pourrait presque sentir, planant au-dessus des parquets, un parfum d’authenticité qui faisait défaut au championnat nord-américain depuis une décennie. Ajoutons à cela la présence de jeunes équipes aussi enthousiastes que talentueuses, au premier rang desquelles les New Orleans Hornets de Chris Paul ; alors les Playoffs qui commencent tout juste apparaissent tout simplement immanquables.
Conférence Est : coups de théâtre

À l’Est, donc, le fait le plus marquant est sans doute la métamorphose de Boston, qui est passée, après deux transferts et en
l’espace de quelques semaines, du statut d’éternel dernier de la conférence, voire de la ligue, à celui de premier prétendant au titre. Sans surprise, la franchise du Massachussets, s’appuyant sur une défense efficace et sur des valeurs sûres en attaque, a terminé la saison avec le plus grand nombre de victoires, détrônant ainsi Detroit à l’Est et raflant le titre honorifique de champion de la saison régulière. Mais tout reste à faire pour Boston et son Big Three (Kevin Garnett, Ray Allen, Paul Pierce) rejoint au cours de la saison par le vétéran Sam Cassell, double champion NBA avec les Houston Rockets dans les années 90. Après vingt années de disette, les Celtics sont redevenus en un clin d’oeil l’équipe à abattre.
Quant au Heat de Miami, deux ans après son triomphe en grandes pompes, il semble n’exister que pour prouver qu’un tel renversement est également possible dans l’autre sens : quinze victoires, soixante-sept défaites. Ce résultat était prévisible dès l’entame de la saison, catastrophique pour le Heat, qui prenait déjà l’eau. C’en était manifestement trop pour le Shaq, rapidement transféré à Phoenix en échange, notamment, de Shawn Marion, et pour Dwyane Wade, qui a profité de cette saison calamiteuse pour livrer sa rotule aux bistouris. Globalement, le niveau de jeu est très inégal à l’Est : il y a un monde entre les Celtics ou encore les Pistons, qui pourtant peinent à se renouveler, et les Hawks d’Atlanta, heureux détenteurs du dernier ticket d’accès aux Playoffs, ou encore les Chicago Bulls, décevants depuis novembre. Quant aux équipes intermédiaires, Cleveland, Orlando, Toronto, la régularité de leur jeu laisse à désirer. Il en va tout autrement à l’Ouest, où une telle concentration de prétendants au titre a rarement pu être observée.
Conférence Ouest : la bousculade

Il y a quelques années, on attribuait la supériorité globale de la conférence Ouest sur la conférence Est à la présence de Shaquille O’Neal, pivot dominant de la dernière décennie, à Los Angeles ; force est de constater qu’une disproportion si marquée et si prolongée ne saurait tenir à un seul homme. En réalité, c’est plutôt du côté des staffs techniques que réside le secret du succès des franchises de l’Ouest ; même la question du salary cap paraît secondaire, à voir évoluer des équipes comme les Spurs, dont la régularité au plus haut niveau n’en finit pas d’attiser les ressentiments et les convoitises, ou encore les Portland Trail Blazers, auteurs d’un superbe début de saison malgré leur effectif indigent sur le papier et la blessure controversée du nouveau venu, Greg Oden. Portés par Brandon Roy et par un collectif sans faille, les Blazers ont pourtant perdu quelque chose en route, à en croire le bilan de leur deuxième partie de saison ; mais ils ont eu le temps de démontrer l’efficacité d’un véritable esprit collectif, même en NBA.
L’autre surprise de la conférence Ouest est de taille : il s’agit des New Orleans Hornets, provisoirement installés à Oklahoma City pendant la reconstruction partielle de la ville ravagée par Katrina. Menés par l’éblouissant Sophomore Chris Paul, qui a conquis en l’espace d’une saison les observateurs et le public de la NBA au point d’être un sérieux candidat au titre de Most Valuable Player cette saison, les Hornets de David West, Tyson Chandler et consorts ont atteint leur meilleur niveau depuis la création de la franchise, en s’emparant de la seconde place dans une conférence pourtant très disputée. En effet, la vieille garde n’est toujours pas sur le déclin, à l’image des Dallas Mavericks, qui restent de sérieux clients, ou encore des Phoenix Suns du tonitruant Amare Stoudemire et du Jazz d’Utah reconstruit autour du trio formé par Deron Williams, Carlos Boozer et Andreï Kirilenko. N’oublions surtout pas les Houston Rockets, qui complètent le fameux Texas Triangle avec leur série historique de 22 victoires, malgré l’absence de leur asperge de concours, Yao Ming ; n’oublions pas non plus les Denver Nuggets de Carmelo Anthony et Allen Iverson, très efficaces sur le plan offensif, mais encore un peu faibles défensivement, ni les Golden State Warriors de Baron Davis, échoués à un cheveu des Playoffs malgré une bonne saison ; et, bien sûr, il faudrait être bien présompteux pour oublier les San Antonio Spurs, dont les performances inégales cette saison ne doivent pas occulter l’extraordinaire capacité à faire feu de tout bois. Tim Duncan n’est plus constamment à son meilleur niveau ? Qu’à cela ne tienne, Tony Parker prend le relais en tant que franchise player, réalisant encore une fois sa meilleure saison statistique depuis le début de sa carrière NBA. Quant aux Lakers, ils peuvent se targuer de n’avoir plus pour seul atout Kobe Bryant, dont l’excellente forme est certainement liée à l’apport d’Andrew Bynum au début de la saison, et surtout de Pau Gasol, arrivé en cours de route, et qui donne de la consistance au jeu intérieur de Los Angeles par sa mobilité, son adresse au shoot et sa vision du jeu.
Si l’on considère l’ensemble de la Ligue, les favoris au titre restent les équipes dotées non seulement d’atouts offensifs à l’extérieur, mais également d’un Big man à l’apogée de son talent qui sait apporter sa puissance, sa rigueur défensive et/ou sa science du jeu collectif. Voici peut-être les cinq clés de ces Playoffs : Kevin Garnett, Pau Gasol, Tim Duncan (encore et toujours), David West, Carlos Boozer.

François.
10:20 Publié dans Basket | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : basket, basketball, NBA, playoffs
Commentaires
Depuis Shalmaneser, je ne venais plus ici.
C'était un tort.
Bon papier, François!
Ecrit par : Bruno | 01.05.2008
Un petit pronostic peut-être george? Cette année ça s'annonce vraiment très ouvert. Je voyais bien les celtics, mais après leur première série face à Indiana j'en suis moins sûr. Alors go Hornets !!
Ecrit par : PE | 02.05.2008
Les Spurs avec Parker un poil plus faible étaient prenables.
Mais là je ne sais pas.
Le duel Paul/Parker s'annonce titanesque.
Moi j'aimerais avoir un Lakers vs Celtics en finale, avec victoire 4-3 des Celtics sur un ultime shoot à trois points en prolongation de Ray Allen.
Dommage que Boston n'ait pas de poste 5 plus chevronné et surtout plus doué en attaque...
François, quel pronostic de ton côté?
Ecrit par : Bruno | 02.05.2008
Lakers - Celtics ça ferait une jolie finale. ça me convient aussi tout compte fait. Bon Bruno c'est pour quand le premier basket de l'année 2008 au square du chanoine chablanc? :)
Ecrit par : PE | 02.05.2008
Prépare tes grolls et bosse ton shoot. Je reviens dans 3 ou 4 jours.
Ecrit par : Bruno | 03.05.2008
Salut les loustics !
Désolé de ne pas avoir répondu plus tôt, je suis plongé dans la lecture du Codex du Sinaï... et dans la correction de mes copies, le tout au soleil, comme il se doit.
Mon pronostic ? Il y a quatre équipes que je verrais bien empocher le titre : Boston, Los Angeles, San Antonio et New Orleans (si, si). Voilà pourquoi je n'en avais pas donné. Mais effectivement, si Boston se fait éliminer par Atlanta lors du Game 7 (imaginez un peu...), ça change tout. Jusqu'à présent, c'était pourtant les Celtics qui me paraissaient les plus solides. Peut-être justement cette épreuve, s'ils en sortent indemnes, les aura-t-elle renforcés ? On verra.
Mais pour le moment, mon pronostic oscille plutôt entre Lakers et Spurs.
Vous verrez que la suite des événements prendra un malin plaisir à me contredire, et qu'Orlando, ou mieux, Atlanta (!!!) va finir champion...
Je me joindrais bien à vous au square, mais ça risque d'être compliqué ces prochaines semaines. On verra...
La bonne bise.
Ecrit par : François | 03.05.2008

