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13.03.2007
Ah Photoshop...
Ce blog prenant une ampleur considérable (un Saoudien que je connais a peine me disait encore hier: "ton frère, son article sur le basket, il envoie du shawarma!!), il fallait bien que je trouve un moment pour commenter une nouvelle photo.
Cette photo a été prise vers 17h au coucher du soleil, près de mon appart. La luminosité et les couleurs étaient très belles, mais voila, la photo brute ne montrait pas vraiment cette scène telle que je l'avais vue. Pour obtenir la version finale, voici les étapes a suivre...
1/ Utilisez un objectif grand angle! Outre la possibilité d'inclure dans sa photo la plus grande quantité de paysage possible, la légère distorsion accentue la "fuite" des nuages sur les cotés, et dynamise la photo. Ici, j'utilise un zoom Nikon 12-24, a 12mm.
2/ Fermez le diaphragme! Pour avoir une telle profondeur de champ (= grande zone de netteté, du premier au dernier plan), le diaphragme doit s'ouvrir en laissant passer peu de lumière. La conséquence directe est qu'il faut un temps de pause plus long pour que le capteur numérique soit correctement exposé. Si la lumière naturelle n'est pas assez forte, il faudra utiliser un trépied pour éviter la photo floue.
3/ Utilisez un filtre polarisant! Un filtre polarisant permet de supprimer ou d'accentuer les reflets induits par toutes les surfaces non métalliques. Ici, j'ai volontairement accentué le reflet des nuages sur l'eau. S'il y a bien un accessoires à avoir pour faire de la photographie de paysage, c'est le filtre polarisant. L'effet induit peut être superbe, et très difficilement reproductible sous un logiciel de traitement (Photoshop, Capture NX...). Si vous achetez un filtre polarisant, prenez un filtre de qualité. Un filtre bon marché coupera une bonne partie de la lumière, vous obligeant à allonger votre temps de pause, et produira du vignettage (les coins de votre photos seront plus foncés).
4/ Traitez votre photo sous Photoshop ! Un reflex numérique sort des photos brutes très neutres, et souvent peu flatteuses à l'oeil. Cela permet des possibilités énormes en traitement d'image... alors il ne faut pas s'en priver! J'entends pas retouche le fait de travailler des zones de l'image pour obtenir les couleurs et les lumières qu'on avait sous les yeux au moment de la prise de vue, pas la suppression ou l'ajout intempestif d'éléments !
- Premièrement, la photo brute doit être réajustée avec l'outil "Niveaux". Cela permet de re-répartir les différentes luminosités de l'image du plus sombre au plus clair. Plus l'écart est important entre la zone la plus sombre et la zone la plus claire, plus la photo sera dynamique et agréable a regarder, surtout s'il s'agit d'un paysage.
- Passée cette retouche de base, on rentre dans le détail. Cette photo est constituée de 3 plans horizontaux. La mer, la terre, et le ciel. Le traitement réalisé ici prend 10 minutes et consiste à sélectionner successivement chacun de ses plans, et à travailler le contraste et les couleurs avec l'outil "courbe". Cet outil permet de jouer sélectivement sur la luminosité des couleurs (rouge, vert ou bleu): on peut par exemple éclaircir encore plus les rouges clairs, et assombrir encore plus les rouges sombres. La combinaison bien sentie de cet effet sur les 3 couleurs fondamentales permet avec un peu d'expérience d'obtenir de très bons résultats.
- Les dernières étapes sont une légère désaturation (car l'utilisation de l'outil "courbes" a tendance a saturer l'image), et une accentuation, étape INDISPENSABLE qui consiste à rendre la photo plus nette.
Il n'y a pas de règles absolues en photographie. On peut arriver au même résultat tout a fait autrement... Je ferai bientôt un p'tit article sur 3 notions fondamentales en photographie : la vitesse d'obturation, l'ouverture et la sensibilité, en montrant comment on peut jouer sur ces 3 réglages pour obtenir un effet particulier.
Simon
07:50 Publié dans Photographie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Bahrein, photoshop, Manama, traitement photo
07.03.2007
Entre clinique et basket-ball : l'adénome de l'hypophyse

L’avènement des Big Men
Avertissement aux lecteurs : l’article ci-dessous, initialement prévu pour Systar, a préféré (et j’espère que Mr.B ne lui en voudra point) se réfugier dans le giron de Blogbrothers, nouveau venu sur la toile, afin de participer à la fulgurante ascension de ce blog, déjà largement alimenté par l’étonnante potentialité littéraire et artistique de deux autres Hotwine Brothers. D’autre part, il est demandé à nos pointilleux et curieux lecteurs de ne point relever les quelques imprécisions anatomo-cliniques présentes dans ce texte, qui a pour simple et unique but de les informer, de manière non exhaustive, de l’existence de cette possible corrélation entre l’anatomie clinique et le basket-ball.
Souvenez vous, il y a une dizaine d’année, l’immense Muresan débarquait sur les terrains de NBA après un passage remarqué en Europe, et notamment à Pau Orthez. Immense, il ne l’était point par le talent mais bien par la taille, dépassant allégrement les 2m30, ce qui en faisait un rebondeur plus que correct doublé d’un épouvantail efficace dans la peinture. Quelques années auparavant, le stratosphérique pivot soudanais Manute Bol, culminant à 7.7 pieds, avait défrayé la chronique en intégrant l’effectif des Bullets (où évoluait le minuscule Mugsy Bogues) puis celui des Warriors, réalisant quelques saisons correctes avant de raccrocher suite à des problèmes de santé récurrents, tandis qu’en Europe, le sémillant Roberto Dueñas, tout droit sorti d’un roman de Mary Shelley, imposait ses titanesques épaules velues, en plus de sa gueule cassée, au sein des raquettes ibériques. Plus récemment, la NBA accouchait d’un nouveau monstre physique (importé en fait directement des Shanghai Sharks :)Yao Ming, le géant chinois s’imposant en quelques années comme le successeur de Saquille O’Neal au premier rang des pivots dominants de la ligue américaine. Aujourd’hui, chaque franchise ou presque possède dans ses rangs un « big man » (Przybilla, Tsakalidis, Jerome James ou Podkolzin le bien nommé), avoisinant les 2m20 au garrot, bien souvent doté de fabuleuses mains carrées, incapable d’enquiller deux lancers francs de suite, mais toujours utile dans la raquette pour grappiller quelques rebonds au moment opportun. Cette constante recherche de hauteur coïncide avec un surdéveloppement de la force physique brute, ce qui tend, bien évidemment, à intensifier le jeu, et à le rendre plus spectaculaire encore. Le basket-ball est alors devenu le seul sport où l’on rencontre de telles exclusivités anatomiques, puisque le physique est devenu le principal critère de sélection des joueurs briguant une place dans l’élite, l’adresse et la technique passant bien souvent au second plan. Ainsi, les jeunes joueurs présentant d’étonnantes dispositions athlétiques sont repérés très tôt, et il arrive même que des gamins d’une taille considérable soient « convertis » au basket par des recruteurs dont le but est de dénicher quelques perles rares qui deviendront, au bout de quelques opérations de renforcement, et de nombreuses années de perfectionnement physique et technique, de futurs pivots dominants.
Le basket-ball, sport mobilisant initialement l’adresse des joueurs (je me revois encore devant NBA+, durant toutes ces nuits où j’espérais un Spurs-Mavericks en direct, et où l’on me gratifiait d’un Bob Cousy, faisant mouche à l’aide du plexi, à six mètres, d’un majestueux bras roulé, en 1956, ou encore d’un Jerry West, qui a gracieusement cédé sa silhouette au logo de la grande ligue américaine, enquillant les shoots avec un geste loin d’être « buddyesque » -comprenez imparfait-) semble avoir évolué avec le temps vers une discipline extrathlétique (métathlétique ?), où le physique prime sur l’adresse pure, où l’acquisition d’une masse musculaire conséquente a supplanté l’apprentissage pourtant essentiel des fondamentaux, où la testostérone transsude des biceps devenus, grâce à la créatine et aux heures passées à soulever de la fonte, plus imposants que les quadriceps d’un Systar en grande forme athlétique.* Cette évolution à contribué à transformer les matchs (aux Etat-Unis principalement, l’Europe restant, pour le moment, amatrice d’un jeu léché, où le coaching prime sur les exploits individuels d’une vedette capable d’inscrire 50 points par match, et où l’intensité physique est moindre) en de véritables combats physiques, où l’accumulation de contacts et de fautes virulentes peut, en atteignant des extrêmes tout à fait envisageables, dégénérer et aboutir à de véritables pugilats. Et dans ce domaine, force est de constater que Carmelo Anthony n’est point le dernier des protagonistes à se jeter dans la mêlée.
Mais revenons à nos moutons, car pour le moment, me direz-vous, aucun rapport entre l’exceptionnelle particularité physique, voire anatomique dont font part bon nombre de big men, et le titre de l’article que vous parcourez innocemment du regard. Et pourtant, il existe un lien, qui se trouve au niveau de la selle turcique, dans une partie osseuse située au milieu et en avant de votre boite crânienne. La glande hypophysaire, encore nommée pituite ou tout simplement hypophyse, située sous l’hypothalamus (véritable chef d’orchestre du concert hormonal physiologique, auquel elle est reliée par la tige pituitaire), sécrète bon nombre d’hormones, dont la GH (Growth Hormon), qui nous intéresse présentement. La GH, hormone de croissance, est donc responsable, comme son nom l’indique, du développement des os, des formations musculo-tendineuses, des tissus biologiques du corps, et donc de la croissance générale de l’individu. Cette hormone, où l’un de ses dérivés, est ainsi considérée comme un produit dopant, puisqu’elle permet d’augmenter de manière non physiologique les performances physiques d’un athlète. (Si vous croisez un sportif de trente ans avec un appareil dentaire, posez vous des questions…**) Seulement, il arrive parfois que le bon fonctionnement de la glande soit perturbé par la formation d’une tumeur bénigne, également appelé « adénome », provoquée par une prolifération anarchique des cellules glandulaires constituant l’hypophyse. Cet adénome va avoir pour conséquence une
hypersécrétion hormonale, et donc un taux plasmatique de GH anormalement élevé. Cette tumeur, qui peut se développer très tôt durant le développement de l’enfant, va entraîner une croissance plus ou moins perturbée, selon l’importance de l’adénome, et peut expliquer la taille démesurée atteinte par certains individus, avant même qu’ils aient fini leur croissance. Ce fameux adénome semble ainsi à même de provoquer des vocations sportives, notamment dans le monde du basket-ball, où la taille extrême d’un joueur est recherchée comme une denrée rare, susceptible de provoquer une domination dans le jeu doublée d’un afflux médiatique pouvant s’avérer bénéfique pour le club.
Si ces big men, atteints de gigantisme (ou acromégalie) accèdent à la popularité par leur incroyable physique et leur apport relatif dans le jeu, ils n’en restent pas moins certainement handicapés par leur taille gigantesque, souvent doublée d’un physique ingrat, la GH étant responsable d’une hypertrophie de l’appendice nasal, de la nuque, d’un bombement du front, ces signes cliniques transformant le particularisme
anatomique et physique en pathologie. Ils sont également bien souvent physiquement détruits avant l’âge par l’accumulation d’efforts fournis durant leurs années passée au plus haut niveau, et connaissent une retraite ponctuée d’opérations chirurgicales destinées à restaurer une locomotion de plus en plus défaillante...Mais ils sont le reflet d’une nouvelle conception du basket-ball, qui a évolué jusqu’à devenir une réelle industrie, et qui doit se vendre tel quel…
Pierre-Etienne
* David Stern, commissionnaire de la NBA, a voulu enrayer l’arrivée massive dans la ligue de joueurs accomplis au niveau physique mais trop justes dans leur acquisition des fondamentaux, en promulguant récemment un décret interdisant l’inscription à la draft de jeunes basketteurs encore au lycee, de façon à ce qu’ils puissent parfaire leur apprentissage du jeu avant de se lancer dans l’excitant bain du professionnalisme. (Comprendre : gagner des dollars en masse…)
** La GH peut provoquer, lorsque qu’elle est administrée indépendamment du fonctionnement hormonal du corps, une reprise de la poussée dentaire…
18:50 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Basket-ball, yao, hypophyse, tall

